Bonne fête des pères... vraiment!?

La fête des pères a-t-elle encore un sens? La paternité est-elle toujours une valeur? Le père a-t-il toujours sa place dans notre société? -texte d'opinion

La fête des pères, tout comme la fête des mères d'ailleurs, est devenue un fête commerciale. Ah, bien sûr, elle peut être l'occasion de gestes positifs. "Bonne fête papa"! Ce dernier aura droit à un coup de téléphone, les plus choyés auront droit à une visite, certains auront même droit à un cadeau, une belle cravate peut-être?  Tradition oblige! Mais, est-ce qu'on célèbre vraiment la paternité ou si on satisfait simplement à une tradition commerciale? Cette fête a-t-elle encore du sens?


Au-delà de cette tradition qui tient dans une seule journée annuelle, qu'en est-il de la masculinité et de la paternité dans notre société? Nous le savons, la condition masculine et la paternité sont attaquées de toutes part depuis des décennies. Dans certains cas, tous les maux de la société ont été attribués à l'homme. Une certaine idéologie milite dans ce sens et répand son poison dans les consciences. Vous doutez de mon affirmation? Je cite Virginie Vota, une française qui milite depuis des années contre les dommages collatéraux du féminisme. Écoutez son bilan de la situation des pères en France. Vous y retrouverez bien des similitudes avec celle des pères québécois:

Pourtant, les hommes n'ont jamais été autant impliqués dans leurs familles et auprès de leurs enfants. Tous les hommes, sans exception? Bien sûr que non! Pas plus que les femmes d'ailleurs qui, dans certains cas, comme bien des hommes, priorisent leurs relations amoureuses et leur carrière au détriment de leur progéniture. Notre société, avec les rôles qu'elle nous impose, exerce une érosion permanente sur le couple, la famille et la parentalité. Longtemps cantonné dans le rôle de pourvoyeur, l'homme s'est retrouvé avec un nouveau rôle ou la paternité prend plus de place, permettant ainsi aux femmes de maintenant jouer le rôle de pourvoyeur. On est tous pour la vertu. Je suis content d'être plus proche de mes enfants que mon père et son père avant lui l'ont été. Je suis content de voir la mère de mes enfants s'épanouir professionnellement. Par contre quand je vois la quantité astronomique et croissante de familles brisées et de parents monoparentaux, je peine à voir les bénéfices à moyen/long terme de ce nouveau paradigme. La nature, la Vie, a prévu qu'un enfant soit élevé par ses deux parents - idéalement un homme et une femme qui contribueront chacun avec leur caractéristiques de mère et de père. Aujourd'hui, cet aspect est sérieusement érodé et cette érosion semble vouloir se poursuivre. Mondialisme, transhumanisme, théorie des genres, tout y passe. Les nouvelles générations de parents feront-elles mieux? Rien n'est moins sûr... Jacques Higelin, dans sa magnifique chanson: "Je ne peux plus dire je t'aime" nous dit que "la loi du grand amour est rude pour qui s'est trompé de chemin".

Au Québec, Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux s'apprête à présenter à l'Assemblée Nationale à l'automne 2021, une loi visant à modifier la notion de "primauté parentale". Le gouvernement veut s'arroger le droit de décider du sort des enfants, au-delà du droit des parents et ce au nom du "bien-être des enfants". (Voir l'article de Radio Canada ICI). Un des éléments qui pourraient être modifiés est la notion de primauté parentale, dit M. Carmant. "Il faut que ce soit le bien-être de l’enfant qui prime. La science nous montre que les choses ont changé. Ça n’a pas nécessdeainaiarement besoin d’être la famille biologique; il faut que l’enfant soit dans un environnement aimant." La science a le dos large et au nom de la déficience de certains parents, le gouvernement s'apprête à peinturer tous les parents avec le même pinceau. Jusqu'où cette loi permettrait-elle au gouvernement d'intervenir? Une fois muni de la primauté parentale, le gouvernement aurait les pleins droits sur nos enfants et ce, en fonction de critères qui seront déterminés par ce dernier. Voyez-vous le danger? Avec les années, l'enseignement est devenu "éducation" et le gouvernement s'immisce de plus en plus dans la fonction du parent. Maternelle quatre ans, éducation sexuelle, éducation sociale, gestion du comportement... les valeurs gouvernementales prennent peu à peu la place des valeurs parentales et familiales. Les mères et les pères sont poussés de plus en plus à jouer le rôle de travailleur et de moins en moins le rôle de parent.


Finalement, la fête des pères et la fête des mères, toutes commerciales qu'elles puissent être, ont leur raison d'être et toute leur importance. Reconnaître et souligner, même de manière minimaliste, le rôle fondamental des parents dans le vie des générations présentes et futures n'aura jamais été plus important. Il est primordial de préserver cette tradition car, si la tendance se maintient. elle risque d'être battue en brèche dans les années à venir.


Aujourd'hui, on célèbre la fête de pères, de tous les pères. Certains jouent leur rôle à merveille, tandis que d'autres y arrivent moins bien. Même chose pour les mères d'ailleurs. Être parent est un défi considérable. Considérant que tout être humain, quelqu'il soit, est imparfait, aucun parent ne peut prétendre à la perfection. Mais on peut choisir de s'améliorer et la plupart le font. Ces célébrations peuvent être l'occasion pour tous les papas, toutes les mamans et tous les enfants de véritablement reconnaître la beauté de l'amour que l'on se donne les uns aux autres malgré toutes nos imperfections. L'amour sera toujours notre plus grande force et elle commence dans la famille. Puissent tous les papas et toutes les mamans le mettre en priorité dans leur vie.


Bonne fête papa!


Pierre Eugène Rioux, psychosociologue, spécialisé en gestion du rétablissement des dépendances.


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