Votre dépendance

L'American Society of Addiction Medicine (ASAM) définit l'addiction comme une recherche maladive de récompense et/ou de soulagement. 

Pourquoi une recherche "maladive"? Parce que cette recherche m'amènera peu à peu à tasser tous mes autres besoins fondamentaux. C'est ainsi que l'on voit une personne aux prises avec la toxicomanie, délaisser peu à peu ses loisirs, ses responsabilités personnelles et professionnelles, sa famille, sa santé et sa vie. 

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Une dépendance - de multiples objets • Généralement, une personne aux prises avec la dépendance, aura tendance à mettre l'accent sur un objet particulier de sa dépendance, par exemple la cocaïne, l'alcool ou le cannabis. Ce faisant, elle laisse libre cours à sa recherche maladive de récompense et/ou de soulagement qui changera tout simplement "d'objet". 

C'est un classique, par exemple, de voir une personne avoir une consommation problématique d'amphétamines décider d'en terminer avec cette habitude pour se tourner en peu de temps vers une consommation de plus en plus excessive d'alcool. Ou encore, une personne ayant une consommation excessive d'alcool, devenir accroc aux médicaments. 

Il faudra un certain temps et beaucoup d'échecs et de souffrances à une personne dépendante pour voir la véritable nature de son problème. En mettant le focus sur un objet de sa dépendance (alcool, médicament, drogues, comportements) plutôt que sur sa dépendance elle-même, cette personne entretient l'illusion d'être en contrôle, alors qu'elle l'a perdu depuis longtemps. 

Des substances, mais aussi des comportements • Il est important de noter que, les comportements font aussi partie du phénomène. Considérant que la "couleur" de base d'une personne aux prises avec la "manie du toxique" est l'exagération et ce dans tous les domaines de sa vie, il est peu surprenant de voir certains comportements devenir problématiques. C'est ainsi que l'exagération, par exemple, dans des domaines comme le travail, le sexe, le sport, le jeu, les achats, les relations affectives, l'ivresse mentale, pour ne nommer que ceux-là, font partie des tentacules de cette pieuvre nommée addiction. 

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Sobre ou juste abstinent? • Nous voyons ainsi la différence entre "abstinence" et "sobriété". De nombreuses personnes aux prises avec la manie du toxique témoigneront d'un certain "temps de sobriété", voulant dire par là, qu'elles n'ont pas consommé de substances psychoactives (alcool, médicaments, drogues). Plus "crasse" encore, certaines personnes se diront "sobres" d'une seule substance, avec laquelle elles se mettaient "dans le trouble", tout en continuant à consommer tranquillement une autre substance. 

Ce faisant, elles négligent de voir que d'une substance à l'autre et d'un comportement à l'autre, c'est toujours la même recherche maladive de récompense et/ou de soulagement qui est sous-jacente à cette consommation de substances et/ou de comportements.

 

La véritable sobriété, est une recherche d'équilibre dans tous les domaines de sa vie. C'est l'inverse de la dépendance. C'est une démarche qui se fait un jour à la fois avec des succès et des échecs. Au gré des jours, des événements et des circonstances, on arrive à être plus ou moins sobre. Heureusement, nous disposons d'un baromètre infaillible, car le fruit de la sobriété, c'est la sérénité, cette paix de l'esprit qui n'a pas de prix. Nul ne peut prétendre vivre cette sérénité sur une base permanente. Par contre, le mode de vie des Douze Étapes est l'un des meilleurs moyens, sinon le meilleur moyen pour l'atteindre et l'entretenir. 

Si tu veux consommer et que tu peux te le permettre, ça te regarde.  Mais si tu veux arrêter et que tu n'y arrives pas, ça nous regarde.

Dans le cadre de mon travail, les termes " toxicomanie", "dépendance", "addiction" sont tous synonymes et ne désignent qu'un seul et même phénomène.